Programme d’art contemporain Mastermind // Du 7 au 10 avril à la Galerie Venise Cadre – Casablanca

Du 08 au 10 avril prochain, se tiendra la 5ème édition du programme d’art contemporain Mastermind à la Galerie Venise Cadre.  14 jeunes artistes marocains exposeront leurs oeuvres  au sein d’un parcours expographique en format muséal.

Lieu: jeudi 7 avril à partir de 19h à la Galerie Venise Cadre située au 25, Boulevard Moulay Rachid, Casablanca.

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Rachid Ouhnni
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Talal Ibn Khatib
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Yasmine Hatimi

Mastermind est un programme curatorial du XXIe siècle. Fondé en 2011 par Anne Laurence Sowan et Mehdi Hadj Khalifa, le programme dévoile la nouvelle scène de l’art et la création marocaine présentée au sein d’un parcours expographique en format muséal. Le Maroc est aujourd’hui engagé dans une dynamique culturelle intégrée. Le projet culturel du Royaume se construit à travers une interaction entre les différents comportements de la création et les concepteurs de demain. Le Maroc est un acteur prédominant au niveau régional à travers la qualité de son contenu, il est désormais nécessaire de construire des projets porteurs permettant aux futures générations d’artistes du Maroc d’investir la scène internationale.

Mastermind tente à sa juste échelle de révéler chaque année une partie du renouvellement de la scène artistique marocaine. Le programme désire refléter la vitalité et la pluralité de l’émergence créative marocaine, jusqu’à ses formes les plus complexes. Il est désormais nécessaire de défendre les projets d’art qui répondent aux exigences du marché international, et c’est justement l’un des engagements initial du programme. Un public de plus en plus important témoigne un vif intérêt suscité d’abord par la particulière explosion créative marocaine, mais aussi grâce au nouvel effort de médiation culturelle exercé par les différents acteurs, galeristes, espaces indépendants, résidences d’art, plateformes d’échange qui contribuent à cette structuration du marché. Le Programme Mastermind désire participer à la consolidation du patrimoine immatériel, et à l’émergence artistique du Maroc.

Cette année 2016, le programme Mastermind présentera 14 jeunes artistes marocains.

YASMINE LARAQUI  / CURATEUR

Le processus d’assimilation culturelle n’est pas seulement une question de déterminisme social. II est aussi lié à la démocratisation de l’information par les nouvelles technologies et aux migrations intra et transnationales.

Des hybridations de mentalités en résultent, par conséquent, des hybridations d’images de soi. De nos identités selon leur contexte. Les artistes questionnent les discours post coloniaux et anti-capitalistes dans une société mondialisée, dont les ruines de l’économie tribale qui sclérosent le processus démocratique. Ils questionnent aussi la phallocratie, le racisme et le clanisme à l’échelle nationale, leurs répercutions à l’international – et inversement.

Souvent sarcastiques, parfois grinçants, ou juste contemplatifs, les artistes de cette exposition nous racontent les restrictions « normatives » et, parfois déshumanisantes, qu’ils connaissent au Maroc et à l’étranger. Salim Bayri raconte, avec beaucoup de dérision, des épisodes de vie où son identité a été confrontée aux standards imposés. Dans «More Faces», l’artiste navigue dans le gap entre son identité «nationale; approuvée et encouragée par un représentant de l’état» pour la photo de son passeport et sa réelle apparence en tant qu’individu. Il est le sujet de nouvelles interventions modificatrices de son image dans «perfect 365».

Son avatar sur une application d’«embellissement facial», peut être noté sur 10. Zahra Sebti, en fusionnant les arts graphiques avec la photo, produit un travail dont la portée sociologique se veut avant tout ludique. Il n’en reste pas moins percutant – comme si chacune de ses pièces était une signalétique émotionnelle. Le Maroc est un pays mondialisé, dont la femme s’émancipe économiquement et socialement chaque jour davantage – et ce, malgré le poids de traditions sexistes encore très présentes.

Zahra dénonce les violences induites par les paradoxes verbaux touchant la femme marocaine quotidiennement. Dans la série de peintures « Printemps » Nissrine Seffar met en exergue l’implication des femmes dans les révoltes sociales de ces dernières années. En appropriant des images médiatiques l’artiste critique la désinformation à l’égard des femmes qui ont oeuvré pour la reconnaissance de leurs droits humains.

“Unfamiliar faces”, est une pièce réactionnaire et instinctive. Talal Ibn Khatib redessine par dessus des affiches électorales les silhouettes des élus – imprécises. En dégradant et obscurcissant les traits de ces personnes, l’artiste exacerbe l’anonymat de ces élus à ses yeux.

Talal Ibn Khatib dénonce, avec une image pourtant empreinte de douceur, un système éducatif national défaillant handicapant encore nombreux marocains dans leurs réussites socio-professionnelles. Pour l’artiste, le maintien de l’étudiant marocain dans une posture infantilisante, en lui refusant l’accès au savoir, est un frein au développement. On comprend l’urgence de la mise en place de l’égalité des chances dans l’éducation pour le succès du processus de démocratisation du pays.

Dans la série too young to get married, Mehdi Jassili met en scène sa petite soeur sous différentes apparences. Le photographe explore la notion d’empathie par l’assimilation fictive de sa soeur aux jeunes filles sexualisées trop jeunes; il nous propose une série intimiste et dérangeante. Mehdi questionne l’image de la femme dans une société où les abus de pouvoir phallocrates restent majoritairement impunis.

Comme l’artiste le dit lui-même ; «les idées de la classe dominante sont, à chaque époque, les idées dominantes». L’installation “Gentleman” de Abdelaziz Harrakki – un costard maintenu debout par de l’air – remet en cause la validité de la propagation de la culture par le système oligarque. Il note que les idées ne peuvent pas être universelles si elles sont dictées par une minorité dont les intérêts ne sont, par définition, pas ceux de tous. On retrouve la dénonciation des abus d’une société ultra capitaliste dans le travail de Houda Rahmani aussi.

Elle nous invite à méditer sur l’impact de la consommation de masse sur notre environnement dans une série de photo-montages dystopiques. Elle crée des vêtements inspirés de bannières protestataires, personnifiant dans ses mises en scène les métamorphoses que nous faisons subir à la planète. Nafie Benkrich questionne la condition humaine en la comparant à l’élevage de poules. L’artiste utilise des éléments propre à son vécu, son père et lui-même ayant tenu un commerce de volailles. Il nous donne à voir l’objet de son labeur, comme transcendé. L’univers de Nafie est absurde, tragique et comique ; peuplé de poules étêtées et sans ailes. Ses dessins et sculptures sont le constat sarcastique de notre société qui n’avancerait que par la force du système consumériste.

Rachid Ouhnni s’intéresse à la manière dont nous communiquons. Sa pratique s’apparente à celle d’un historien, d’un philologue ou d’un archiviste. «7», inspirée par l’idée coranique qu’il faut communiquer avec son septième voisin, est une oeuvre participative réalisée au fil de ses rencontres. Il illustre la transformation des rapports humains en échanges intéressés en intégrant des «portraits d’argent» au même rang que les portraits d’individus.

Lina Laraki revendique l’utilisation de la poésie comme arme de résistance contre la montée des fascismes. Sa pièce Jaych El Nour – littéralement armée de lumière – fait écho à l’état d’inertie intellectuelle face à un discours fascisant qui se vulgarise. Pour elle, la civilisation mondiale idéale, l’humanité, la vraie, serait celle où les gouvernements combattraient l’obscurantisme par la pensée plutôt que par les armes.

L’art cinétique de Hind Khettou lui permet de retranscrire une expérience sensorielle. «Caustique» est une installation immersive et tactile. L’approche de Hind est contemplative et dénote, selon elle, d’un certain hédonisme. Inspirée par «les ondes lumineuses engendrées par la lumière solaire et le mouvement de l’eau», la jeune artiste fait appel à l’implication des sens du spectateur. L’installation «longueur d’avance” de Najma Darouich est réalisée sur les bases d’un plan en échiquier. Ce concept urbanistique antique permet d’élargir le territoire tout en gardant l’interconnectivité entre chacune de ses structures, dans une logique de réseaux.

La série de photographies Amarcord de Yasmine Hatimi est le résultat d’une auto-fiction intuitive. En capturant des espaces de vie désertés, Yasmine immortalise une errance mélancolique. La photographe est à la recherche d’un passé sublime. La peinture «image morte» de Hicham Matini questionne la relation entre spectateurs et médias.

Selon l’artiste, notre civilisation envisage la transmission de la culture uniquement quand celle-ci est de l’ordre de la distraction et du loisir. Pour l’artiste, les médias n’ont pas plus de contenu que cette image d’attente de retransmission.

ANNE LAURENCE : SOWAN PRESIDENT MASTERMIND

Exposition annuelle, projet d’art contemporain exceptionnel, mécanisme inconditionnel du marché de l’art marocain, le programme présente cette année 2016 une coagulation surprenante d’oeuvres et d’artistes. Depuis la prémiere édition du Programme Mastermind en 2011 à aujourd’hui, notre intérêt toujours réitéré pour la performance créative et l’intelligence forme plus que jamais une dualité contructive et désireuse d’offrir autant aux artsites qu’au public une partcipation précise des enjeux culturels de ce début de siècle pour le Maroc. La nouvelle génération d’artistes marocains, est accompagnée d’un tissu de plus en plus complet de professionnels et d’acteurs culturels, cet environnement constitue pour nous, une extension et un soutien sans lequel ce projet n’aurait pu aboutir. La professionnalisation du secteur culturel est un projet en cours d’aboutisssement et prédit un territoire impatient de contenir des projets et des initatives de grande qualité. Je suis fière de présenter la 5e édition du Programme Mastermind, et ainsi de continuer à nourrir mon désir de valoriser les nouveaux talents de la création marocaine.

MEHDI HADJ KHALIFA : PRESIDENT ANOTHER LIFE

Le Programme Mastermind ouvre sa 5e édition, portée par un succès chaque année grandissant auprès des artistes, des professionnels et du public. 14 artistes présenteront à nouveau en 2016 le paradigme multiple d’un Royaume riche de créativité, d’énergie et d’intelligence. Dans le cadre de la très prestigieuse Galerie Venise Cadre, la programmation présentera un parcours expographique dans un écrin somptueux au coeur de Casablanca. Cette 5e édition témoigne d’une nouvelle phase de maturité dans laquelle le renom de l’évènement, son empreinte à Casablanca continue de croître. Le Programme est fermement ancré dans sa dynamique initiale de défrichement des talents et porte une attention particulière aux différents comportements créatifs naissant sur le territoire marocain. Favoriser les conditions expographiques, le processus d’émergence des artistes constitue pour nous un vaste chantier à peine débuté. A travers cette édition Mastermind confirme son statut de programme d’art de premier plan, et proposera une sélection pointue, au panorama aussi exigeant que représentatif de la nouvelle scène marocaine. Je tiens à remercier l’ensemble des artistes et les différents intervenants avec lesquel nous avons pu construire cet évenement majeur de la création contemporaine.

NABIL BAYAHYA: ASSOCIE EXECUTIF MAZARS

Rendez-vous culturel incontournable, le programme d’art contemporain Mastermind, réunit une nouvelle fois à Casablanca pour notre plus grand plaisir artistes, collectionneurs, institu tions et passionnés d’art pour une exposition entièrement promise à nos émerveillements. Cette vitrine de la création marocaine, dévoilera en effet, à travers une sélection de très grande qualité, toute une génération d’artistes talentueux, au propos volontaire et engagé. La ville de Casablanca contribue ainsi d’une très belle manière à l’enrichissement du projet culturel du Maroc. Mais cette 5e édition marque surtout la volonté conjointe de Mastermind et du Cabinet Mazars de s’engager fortement aux cotés des acteurs de la jeune scène artistique marocaine. Conscient de l’attente de toute une génération de la population active marocaine pour une offre culturelle de qualité au sein du Royaume, le Cabinet Mazars a fait ce choix d’un mécénat ouvert et résolument tourné vers l’avenir, car bien au delà des simples loisirs, les Marocains attendent de leurs artistes cette évolution de leur langage et de leur imaginaire vers de nouveaux horizons, tout en restant fermement enracinés dans leurs traditions. Nul doute alors que ces créateurs exceptionnels sauront alors autant enrichir la scène culturelle de leurs talents qu’ils nous offriront le patrimoine immatériel dont nous avons rêvé.

La valorisation de la création contemporaine est historiquement au coeur des valeurs de la marque Audi. Les actions de mécénat s’inscrivent dans une démarche durable en cohérence avec la dynamique de la marque. Dans le cadre de son engagement envers la création et l’émergence artistique, la marque Audi est heureuse d’être le partenaire officiel du programme d’art contemporain Mastermind qui milite pour une émergence effective et un défrichement des talents sur le territoire marocain.

MEHDI LAGHZAOUI: DIRECTEUR DE AUDI

La manifestation artistique Mastermind est devenue incontournable dans l’univers de l’art casablancais et plus généralement marocain.

Mastermind est l’occasion de retrouver la jeune création dans ce qu’elle a de plus noble: son expression de la liberté la plus totale, sa remise en question des normes, et ses découvertes sans cesse renouvelées. C’est ainsi une rencontre qui a pour vocation à contribuer à écrire l’avenir artistique et culturel du Maroc, et à permettre à la créativité de nos jeunes artistes de s’exprimer.

L’édition 2016 se veut une nouvelle fois très exigeante et sans compromis tant sur le plan technique que créatif des œuvres présentées. Autant de valeurs dans lesquelles nous nous reconnaissons. C’est la raison pour laquelle la marque Audi est fière de soutenir cette initiative unique au Maroc.

MERIEM SEBTI : DIRECTRICE DE LA PUBLICATION MAGAZINE DIPTYK

Lancé en 2011, Mastermind est un programme d’expérimentation qui a permis au fil des éditions d’identifier et consolider des itinéraires dans l’art contemporain.

Cette édition présente, sous l’éclairage curatorial de Yasmine Laraqui, un pan inconnu de la scène artistique marocaine, dont les protagonistes proposent un certain dialogue inédit entre disciplines, pratiques artistiques et comportements. Cette année, le magazine Diptyk s’associe à cet événement pour donner plus de densité aux échanges entre les acteurs de l’art. Car tous en effet, nous militons pour un secteur culturel plus actif et des actions plus engagées. De même, nous souhaitons voir émerger toutes les forces créatrices du pays.

En étant partenaire de Mastermind, un parcours curatorial qui déploie une certaine vision de l’art contemporain, Diptyk crée, au-delà de ses pages, un espace propice aux échanges et à la vie culturelle marocaine.

CONTACT PRESSE, ANOTHER LIFE

DOUNIA MSEFFER +212 667545411  msefferdounia@gmail.com

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